[Yulia]
Ma première impression en voyant tous ces élèves était comme toutes les autres d'avant. Je me demandais sur quel genre d'individu j'allais encore tomber. Entre dragueur inveterré, intellos, sportifs et j'en passe. Pourtant je ne me lassait jamais d'examiner tout ces gens, de les profiler. Oui je savais, c'est pas bien de juger les gens sur leur physique ou leur manie, mais je ne me trompais que rarement, très rarement.
J'avais quand même le cafard, c'est pas évident de se retrouver seule, mais bon je savais que j'allais survivre, comme toujours.
Tout le monde était réuni dans le gymnase pour l'appel des classes. Je me retrouvais dans une terminale économique et sociale. Ce n'était pas la voix que je voulais suivre, je cherchais quelque chose de plus technologique, mais mes parents, qui me préparaient à ma future carrière en avait décidé autrement. "C'est mieux pour toi" disaient ils. J'aimais mes parents, mais comment pouvaient-ils savoir ce qui était bon pour moi alors qu'on se voyait qu'une fois tout les 3 mois?
Enfin bref. Les classes n'étaient pas trop surchargé, une vingtaine d'élèves tout au plus et pour unique connaissance ma partenaire de chambre.
[Lena]
C'était une nouvelle année, pourtant rien n'était nouveau pour moi. Même chambre, mêmes couloirs, mêmes salles, mêmes profs, même lit, mêmes draps, mêmes têtes... Mis à part la petite nouvelle. Le destin a fait qu'on se retrouve dans la même classe. Ah! Et j'oubliais, même discours de mon cher papa qui n'était autre que le proviseur adjoint, en couple avec la vieille mégère de proviseure.
J'étais obligé de suivre mon père après le divorce de mes parents, décision du juge. Ca ne me dérangeais pas, pas au début. J'ai toujours été très proche de lui. Puis elle est rentrée dans nos vies, Marta Agdanov. C'était le début du commencement de la fin comme je le disais souvent.
Et en plus, j'ai été séparé de mon grand frère, car il pouvait choisir avec qui partir. Ses conflits répétés avec mon père l'ont poussé à suivre ma mère. Si avait su que je n'irais pas avec elle, il serait resté avec moi. Mais c'est la vie.
Je passais mon temps à regarder l'heure sur mon portable. Je n'avais qu'une envie : ELLE.
C'était devenue une véritable dépendance. Ce besoin la voir, de la toucher, de la sentir. Je l'aimais sans limite.
Elle n'était pas dans le même établissement que moi, le privée n'était pas pour elle. Chaque soir avant de dormir, je penser à elle, ses cheveux noir bouclés, ses yeux marron, son visage toujours souriant, son air compatissant quand je n'allais pas bien... Tout.
Et je n'aurais échangé ça pour rien au monde.